Mes règles, mon anémie, mes emmerdes…

Woooh un nouvel article, ça faisait longtemps dis-donc !
Une petite mise en jambe s’impose et quoi de mieux que causer « règles et anémie » pour démarrer cette reprise.
Tu sais celles que l’on appelle jamais « les règles » ou « les menstruations » mais les ragnagnas, le débarquement, les rouges, la semaine ketchup, les choses de la vie…bref ! Tout un tas de noms à la con pour parler d’un truc dont personne n’a envie de parler.
Sauf que ça change depuis quelque temps, le sang devient rouge (ENFIN !) dans les pubs pour protections hygiéniques (keu oiii ? Le sang c’est pas bleu ?), les mots « règles et menstruations » ne sont désormais plus relégués au second plan, on en parle de plus en plus librement.

ET ÇA FAIT DU BIEN !

Les femmes ont entre 180 et 450 fois leurs règles durant leur vie, autant vous dire qu’on se marre bien tous les mois. Pour peu que tu sois un peu HS quelques jours avant et quelques jours après, en gros tu es peinarde la moitié du mois…vu comme ça, ça tabasse bien hein !?

Je vais te raconter mes règles du tout début jusqu’à aujourd’hui, tu vas voir comme c’est fun.
J’ai été réglée à 10 ans, j’ai 45 ans, j’ai eu mes règles 410 fois (en retirant la période grossesse).
410 périodes de merde…
c’teu fiesta.


Je suis rentrée en maternelle à 2 ans, j’ai donc eu mes premières règles en CM2…la bonne grosse rigolade ! La seule qui les avait dans ma classe avait redoublé deux fois.
Ma maman a toujours été super transparente sur les règles, je savais ce que c’était (en gros), je savais comment on utilisait les serviettes hygiéniques, je n’ai donc pas cru que j’étais en train de crever quand c’est arrivé. Ce n’est sans doute pas le cas de toutes les filles ou jeunes filles à qui cela arrive…encore aujourd’hui.
Autant vous dire que mon CM2 a été assez chaotique, se planquer aux toilettes pour changer de serviette (planquer les serviettes !!!), croiser les doigts pour qu’il n’y ai pas de fuite, rester à la maison quand j’étais pliée en deux (ma maman a toujours été à l’écoute de ce côté là et j’ai pu louper l’école quand c’était trop difficile), louper des sorties scolaires, flipper en sport (monter à la corde à nœuds…le calvaire, la torture), avoir peur de la fuite dans le bus, se tenir toujours bien droite pour éviter que la serviette ne migre vers des horizons lointains.
En 1986, les serviettes hygiéniques ressemblaient plus à un traversin qu’à une protection d’aujourd’hui donc le pull long ou noué autour de la taille était à la mode 1 fois par mois.

J’ai traversé le collège tant bien que mal (déjà que sans les règles ça m’aurait bien gonflé) en déployant toujours des trésors de tactiques, d’imagination, de stratégie pour être toujours dans la discrétion la plus absolue.
Les serviettes hygiéniques étaient cachées dans une pochette, j’avais toujours un change (dans un sac) dans mon sac de cours.
Je me souviens de ces moments où la fuite arrivait parce oui, on osait pas demander à aller aux toilettes sinon on s’entendait dire « il fallait y penser avant » ou « tu peux bien attendre l’intercours », « c’est bientôt la récréation », gniagniagnia.
Rhaaaaaaa, pendant ce temps, je me vidais joyeusement de mon sang dans mon jean humide et sur ma chaise qu’il allait falloir nettoyer à la fin du cours, discrètement, quand tout le monde était sorti, avec un mouchoir en papier ou du papier absorbant (que je ne prévoyais pas toujours !), le tout au bord des larmes.
Parfois, ça avait commencer à coaguler…imagine la facilité pour nettoyer…IMAGINE, IMAGIIINE !
Souvent, j’ai été obligée d’aller à l’infirmerie pour appeler ma maman pour qu’elle vienne m’apporter des vêtements de rechange…la plupart du temps, en pleurs, je repartais avec elle, soulagée d’aller me doucher et me glisser dans mon lit douillet.
Je me souviens qu’à l’infirmerie les seules réponses étaient de me filer une serviette et un spasfon (que je ne prenais jamais), super soutien, vraiment.
Ma mission était d’invisibiliser au maximum cette période chaque mois. Cela relevait déjà à mon age d’une éprouvante charge mentale qui s’ajoutait au rythme exténuant du collège et à la gestion des élèves irrespectueux.

Ça va ? Tu es toujours là ?
On passe au lycée…le lycée et ses chatoyantes toilettes (celles du collège mais en 10 x pire) !
Tu sais ? Celles avec un jour en haut, un jour en bas, non chauffées, sans savon, sans papiers, avec lavabo à l’extérieur, des verrous tous pourris quand il y en avait, sans poubelle et sales.
Les toilettes de L’ENFER !
Celles où TOUJOURS une amie t’accompagnait pour surveiller qu’un abruti de mec ne vienne pas reluquer par le dessus (par le dessous c’était plus tendu vu que le sol était toujours dégueulasse) ou tirer sur la porte.
Porte que tu tenais avec ton pied ou avec la main (quand il y avait encore une poignée) quand tu étais en équilibre au dessus des toilettes sales !
Je repartais joyeusement avec ma serviette usagée dans mon sac…pendant que d’autres moins regardantes les jetaient par terre.
Purée quand j’y repense…c’était tellement honteux ces conditions.

C’est dans cette délicieuse ambiance qu’il fallait gérer les règles.
L’infirmerie c’était toujours le même topo « serviette/spasfon » et pour les profs, il fallait prendre ses dispositions avant le cours ou attendre la fin du cours, démerde toi Josiane !


C’est aussi à cette période (j’avais 15/16 ans) que l’on avait le premier rendez-vous gynéco…enfer et damnation !
C’est chez la gynécologue de ma mère que j’ai eu mon premier rendez-vous. Ma mère n’était pas conviée à entrer (c’est le médecin qui décide hein !), je me suis donc retrouvée seule avec cette femme d’une froideur et d’un mutisme quasi total.
Elle m’a posé très peu de questions, si mes règles étaient régulières, si j’avais mal au ventre, si j’avais eu des rapports sexuels, du basique.
Rien sur mon flux, rien sur d’autres éventuels symptômes et aucune explications sur RIEN DU TOUT.
Elle m’a fait installée sur la table d’examen, ENTIÈREMENT A POIL (sauf mes chaussettes) !
Sentiment de vulnérabilité et d’humiliation puissance 10 millions.
Et sans explication elle a introduit un spéculum en métal et commencer à le bouger sans ménagement.
Ensuite, après avoir retirer le spéculum, elle a mis ses doigts dans mon vagin et a appuyé fort sur mon ventre…toujours sans explication ou même m’avertir ou me demander.
Palpation de la poitrine sur le même mode et puis un « rhabillez-vous ».
« Vous avez des questions ? », « Euh non madame », à vrai dire j’avais envie de me barrer la vitesse de l’éclair.
J’ai pris mon ordonnance de pilule et je suis partie.
(Alors la pilule il y a aussi un tas de trucs à en dire mais ça sera dans un autre article, on y va par étapes)

A ce rendez-vous, à aucun moment la gygy ne m’a demandé comment était mon flux. C’est con non ?
Une femme = des règles différentes pour chacune et des conséquences pour la santé différentes également du coup.
Je suis donc restée ignorante de mon type de règles pendant des années. Je trouvais simplement super injuste que mes amies puissent avoir des règles si peu abondantes.


Parce que oui, je suis de celles qui ont des règles que l’on appelle « ménorragies ». Toi aussi peut-être, mais tu viens juste de l’apprendre.
Des règles hémorragiques en somme.
En moyenne, les femmes perdent environ 40 à 50 ml de sang tous les mois. Quand tu dépasses 80 ml tu passes dans la team « ménorragies ».
Je perds en moyenne 180 ml de sang tous les mois
(même quand je prenais la pilule)…je fais partie de la team « ménorragies high level ».
Tu dois te demander comment j’arrive à évaluer cette quantité hein ?
Et bien tout simplement en pesant mes protections hygiéniques usagées (et en retirant le poids des protections neuves) ou en calculant avec une cup. Je suis futée hein !
Je suis futée ET ANÉMIÉE du coup…et ça c’est beaucoup moins drôle.
C’est beaucoup moins drôle, pourquoi ? Premièrement parce que je n’a pris connaissance de ce qu’était l’anémie qu’au moment de ma grossesse, il a 17 ans. J’avais 28 ans. Ensuite, j’ai compris que chez moi c’était chronique, que c’était tout le temps.
Je suis donc restée plus de 20 ans sans savoir que cette abominable fatigue chronique n’était pas due qu’au rythme scolaire ou au manque d’exercice, que ça n’était pas de la fainéantise ni de la mauvaise volonté (oui on entend tout pour justifier cette fatigue). Ravie de l’apprendre hein…ravie de le découvrir PAR MOI-MÊME.
Clairement les bilans sanguins n’étaient pas légions…et quand j’étais jeune ma mère n’a jamais capté qu’il y avait un souci de ce genre. Elle pensait juste à de la fatigue scolaire et me donnait des ampoules de vitamines.

Alors du coup on fait quoi ?
Mon médecin m’a proposé plusieurs possibilités :
– Du Tardyferon (médoc de fer pour remonter le taux)
– La pilule pour supprimer les règles (que je ne prends plus depuis 18 ans maintenant).
– Manger du boudin noir et de la viande.

Ok, ça fait rêver tout ça…
Je ne souhaitais pas reprendre la pilule, je me sentais tellement bien sans (on en reparlera hein !) alors j’ai tenté le Tardyferon.
Pour info, voici le effets indésirables du Tardyferon (Vidal) :
Fréquents : nausées, constipation, diarrhée, douleurs abdominales.
Peu fréquents : digestion difficile, vomissements, démangeaisons, éruption cutanée.
Rarement : ulcération de la bouche, urticaire, réaction allergique (so glam).
Ceux qui sont en gras sont ceux que j’ai eu…j’y ajoute des tremblements et de la tachycardie.

J’ai donc arrêté le Tardyferon, je suis futée mais certainement pas maso !
Je me suis donc tournée vers les compléments alimentaires naturels et j’ai surtout regarder de plus près ce qu’est l’anémie et comment lutter contre les ménorragies.
Pour info, Ferritine / valeurs de référence 20 à 200 ug/L pour les femmes
Mon taux : 2,5 ug/L
pouêt pouêt la fête !

Pour le moment je prends donc des compléments de fer que mon corps assimile normalement, des vitamines dont la C et la B12 ainsi que du magnésium marin…tout ceci de ma poche bien entendu, les remèdes de « bonne-femme » ça ne mérite pas d’être remboursés ! Cela ne me permet même pas de remonter généreusement mon taux, je suis plus en mode « survie ».
Alors du coup, tu te mets à penser à des trucs plus radicaux comme une hystérectomie par exemple ou la thermocoagulation de l’endomètre mais bon, une opération n’est jamais anodine, une anesthésie non plus. Et puis si tu as lu mes articles précédents, tu imagines bien que cette zone j’ai un peu envie qu’elle soit épargnée…alors quoi ? J’attends la ménopause qui arrivera peut-être dans 10 ans (aaargggllll) ?
Pour info ma fille de 16 ans a malheureusement hérité de ce problème et clairement en milieu scolaire ce n’est vraiment pas pris au sérieux. Cela relève quasiment d’un handicape. Pour rappel, voici les effets de l’anémie sur la santé :

  • Pâleur, bien visible à l’intérieur des paupières, au niveau des ongles et des lèvres
  • Essoufflement à l’effort puis au repos
  • Fatigue persistante
  • Palpitations
  • Étourdissements, vertiges, faiblesse en se levant d’une chaise, sensation de tête qui tourne
  • Maux de tête
  • Difficultés à se concentrer, à se souvenir, à lire
  • Manque de motivation, d’entrain
  • Baisse du désir sexuel (baisse de la libido)
  • Difficultés à mener ses activités habituelles
  • Épuisement physique, émotionnel ou psychologique.

Si l’anémie est sévère, qu’elle s’est installée rapidement ou qu’elle dure longtemps, elle peut avoir des conséquences :

  • cardiaques (aggravation d’une maladie cardiaque, telles qu’une angine de poitrine, une insuffisance cardiaque
  • pulmonaires (aggravation de l’insuffisance respiratoire au cours d’une BPCO par exemple).
    (source ameli.fr)



Avant une éventuelle thermocoagulation de l’endomètre je tente l’acupuncture et je te fais un retour.


Petit bonus !
Voici un petit florilèges des choses qui en 2021 me font bien grincer des quenottes au sujet des règles :
– La méconnaissance de ce que sont physiologiquement les règles. J’ai entendu il y a peu un micro-trottoir sur France Inter sur « les règles c’est quoi donc ? », c’était pathétique !
La moitié de l’humanité a ses règles, bordel !
– La non prise en compte des règles problématiques en condition d’examen. Quand tu changes ta protection hygiénique toutes les heures et que tu as 4 heures d’examen tu le mets où le sang ? Dans ta qwetch ?
– La non prise en compte en EPS, cette mauvaise volonté attribuée à l’élève qui a une dispense ou qui souhaite aller s’asseoir au lieu de faire des roulades et se retrouver avec de l’hémoglobine jusque dans le milieu du dos ! D’ailleurs pour les athlètes de haut niveau ça engendre un déséquilibre en terme de compétition. Souvenez-vous…
– Le fait de ne pas autoriser les élèves à aller aux toilettes quand elles le souhaitent sans avoir à se justifier ! J’encourage vivement les jeunes femmes à le faire avec aplomb et détermination, on a pas le droit de leur refuser.
Les filles, si vous avez besoin d’aller aux toilettes quand vous avez vos règles, sentez-vous libres de le demander. N’acceptez aucun refus ou jugement !
Si un mec fait un commentaire il aura une dissertation notée à faire sur le féminisme ! (virez-moi ce crétin de Blanquer, j’arrive !)
– Tenir compte des différents types de règles à l’infirmerie, non toutes les jeunes femmes n’ont pas besoin juste d’un spasfon et d’une serviette, parfois elles ont mal ailleurs, se sentent déprimées, tristes, fatiguées, ont le dos en compote, la poitrine douloureuse, la migraine, la nausée…et j’en passe. De l’écoute par pitié et arrêtons de juger ou de savoir mieux qu’elles comment elles se sentent.
– Les toilettes non adaptées en milieu scolaire ou sur le lieu de travail. Quand tu as une cup, tu fais comment ? Tu dégaines encore ta qwetch ?
– Les médecins qui minimisent les SPM. (syndromes prémenstruels ou postmentruel)
– La non prise en charge totale des protections hygiéniques pour toutes les femmes et notamment celles en situation de précarité.
– La possibilité de jours de repos en milieu professionnel ou de télétravail pour les femmes ayant des règles difficiles.
– …
Il y a sans doute plein d’autres points qui pourraient être ajoutés, s’ils me reviennent je le ferai mais ça serai déjà un bon début.

Et toi tes règles, ça va comment ?



Quelques années plus tard…

8 ans se sont écoulées depuis ma promontofixation ou « pose d’un hamac pour soutenir les organes » si tu préfères !
Quel est le bilan physique et psy que je peux faire ? Tout n’est pas rose, loiiiin de là.

Physiquement, les changements sont là, mon corps est définitivement différent. Nous savons toutes que l’accouchement même sans trop de soucis, transforme le corps des femmes. Les changements peuvent être minimes voir presque inexistants chez certaines et bien plus présents chez d’autres femmes.
Clairement, mon désagréable ressenti est lié au bordel qui a été mis. Je crois pouvoir dire qu’il n’y a pas un jour où je ressens pas les conséquences de ce qui m’est arrivé.
Et parfois si je suis fatiguée ou à côté de mes pompes, ça me revient en pleine face et les larmes coulent.
Bien sur l’opération m’a offert un confort certain mais c’est loin d’être la grosse teuf quand même. Je sens les cicatrices de la cœlioscopie, parfois elles me démangent. Je crois pouvoir faire un parallèle avec les personnes qui perdent une jambe (attention je ne compare pas hein, c’est une question de ressenti). Je sens en permanence qu’un truc cloche, comme si mon cerveau me disait « hey meuf, y a pas un truc qui déconne là en bas ? »
Un peu comme quand tu coinces ton bras en dormant et que tu as la sensation de fourmi qui donne l’impression que ton bras est retourné dans l’autre sens…vous êtes toujours là ou je vous ai perdu ?

Et puis mon suivi gynéco a bien changé aussi. Je fais faire des frottis en laboratoire avec une infirmière, j’ai une sage-femme sympa si besoin pour autre chose et je m’auto-palpouille la poitrine régulièrement (sans déconner, c’est un truc ça…), je n’ai pas de contraceptif (potentiel sujet pour un article ça, je vous en parle bientôt). En fait, je veux qu’on me laisse tranquille !

Bref ! Vous l’aurez compris, la douleur, le traumatisme…bah ça se barre pas comme ça en claquant des doigts et du bistouri !

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Psychologiquement c’est pas forcément mieux hein !
Il y a deux ans, j’ai consulté une chouette psy, Mme H. qui m’a aidé à évacuer et le trop plein de douleurs lié à cet épisode de ma vie. Je sais que si j’ai besoin, je peux aller la voir et parler facilement de tout ça avec elle. Clairement ne restez jamais seule avec ça, jamais ! Garder tout en soi c’est explosif ! Explosif pour soi-même, pour son couple, croyez-moi !
J’avoue que parler, ce n’est pas un soucis pour moi, 1 heure à chaque fois c’est tellement court 😉
Cela permet aussi de découvrir des trucs, du genre « tiens vous êtes du genre hypersensible vous ! ». Ahahaha, un détail (qui mérite aussi un article futur)! Détail qui permet d’expliquer pas mal de trucs j’avoue…découvrir ce genre de chose à la quarantaine c’est l’fun, je te le dis moi !

Dans mon esprit reste cette injustice (oui j’ai un relationnel particulier avec l’injustice), cet acte non puni, cette non prise de responsabilité du médecin, de sa hiérarchie qui connait le bonhomme (toujours en activité).
Je chemine donc difficilement vers un apaisement, la colère est toujours là car pour moi les choses ne sont pas terminées, sauf quand je serai mourrute quoi, crcrcr ! J’ai longtemps hésité (j’hésite toujours…je ne sais pas c’est compliqué) à me lancer dans une procédure. Dans procédure il y a « dure » et franchement cela doit être un véritable calvaire de se faire entendre et d’obtenir justice dans ce type d’affaire.
Alors cela reste en suspend et j’essaye de ne pas y penser, enfin pas trop. C’était il y a 15 ans.

Je pense fort à mon chéri, qui doit aussi porter son propre fardeau et subir indirectement cette situation, mes humeurs, mes moments de merde avec patience, compréhension. Les moments ne sont pas toujours fun mais on tient le coup ! Love U !

Et quand je vois grandir ma fille de 15 ans, les choses qu’elle réalise, sa gentillesse, son humour, ses talents, notre relationnel à tous les 3…ça me booste puissance 10 000 au fond du cœur ! Love U !

 

Bon, c’était pas la grosse marrade cet article hein !
J’ai dans l’idée de continuer à faire vivre ce blog. J’ai envie d’y parler de mon expérience des règles (gros sujet aussi tiens !), de contraception féminine et masculine, d’avortement, d’anémie, de féminisme, d’écriture inclusive, de vocabulaire, de maths (naaaan j’déconne !)…etc.
Parfois c’est bien de revenir un peu sur tout ça, pour que ça rentre un peu mieux dans les ciboulots récalcitrants ! (et puis si ça peut aider hein 😉 )

Boujoux ! (Normandie Powa)

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C’est pas ouf cette histoire de Droïde de torture Star Wars avec des forceps !!! Hey les mecs, sans déconner, vous avez fumer la pipe de Jabba ou quoi ?

Prochain article : Menstruations, le flux RSS, Really Simple Saignement !

Les jours des rendez-vous de merde

Après mon accouchement, nous avons déménagé. Nous sommes partis de la région parisienne 1 mois après que Mina soit arrivée. Retour en Normandie, plus proche de nos familles et amis !

A commencé alors la ronde des rendez-vous rigolus (en vrai c’est pas drôle mais ça, tu l’as compris depuis le début hein)

J’ai repris contact avec le gynécologue obstétricien, le docteur G à Evreux (en retraite actuellement), que je consultais quand j’étais en Normandie. C’était mon premier rendez-vous gynéco 2 mois après mon accouchement.

La consultation a été comme une petite claque bien vive dans la face, le truc furtif qui te laisse presque dans un état de déni. « Non ça n’est pas arrivé ». Lors de l’auscultation, le docteur G s’est mis dans une colère noire en gesticulant et en braillant à tout va :« Mais qui vous a accouchée, à quel endroit ? C’est un véritable travail de boucher ! ».

BIM. Le mot est lâché.

Boucher.

Il m’a expliqué, spatules de Thierry à l’appui sorties du tiroir, comment on doit se servir de cet outil et que ce n’est pas à mettre entre les mains d’un gros bourrin, qu’après mon accouchement une intervention chirurgicale de reconstruction aurait été une urgence et que c’était le moment propice pour le faire puisque les tissus blindés d’hormones cicatrisaient très vite.

Lors d’un second rendez-vous, je lui ai demandé de me mettre tout ça par écrit pour me soutenir dans mes démarches futures (j’avoue que je ne savais pas vraiment ce que j’allai faire mais je voulais récolter le plus d’infos possible). Il a bien entendu refusé… »faut pas exagérer ma petite dame ». On passait du boucher au brodeur de haute couture d’un coup ! Ah. Ah. Ah.

spatules

Vous êtes bien tous une joyeuse bande de petits rigolos hein !

Je suis repartie comme un zombi avec une ordonnance pour des séances de rééducation et une jolie petite sonde ! Bien entendu la rééducation à la sondounette n’a rien donné. Le kiné, docteur T, trouvait ça bizarre alors il a commencé à me poser des questions…

sonde

J’avoue que de mon côté, je m’en posais depuis quelque temps et que du coup j’avais un peu prospecter sur le net pour en savoir un peu plus sur mon état. Le terme « descente d’organes » (ne pas taper dans gugule image) est apparu alors…mon généraliste, docteur Gu m’a rit au nez quand je lui en ai parlé…merci, encore. Mon kiné m’a lui posé la question fatale : »mais euuuh enfin là quand vous regardez, vous voyez quelque chose ressortir ou pas ? » Moi : »euh ouais. » Lui : »Ah, merdoum, c’est votre utérus, vous avez un prolapsus ! ». (ouai tu as bien lu)

Ahah toutes les femmes n’ont pas la chance de VOIR leur utérus, moi si…j’avais pas envie de le voir mais je l’ai vu.

Arrêt de la rééducation et prise de rendez-vous avec le docteur Berrocal (en octobre 2004) de la clinique de l’Europe à Rouen, un chirurgien. Alors lui c’était le pompon ! Il m’aurait opérée limite direct le lendemain matin mais j’ai freiné ses ardeurs bistouriesques. Pour me soulager il m’a proposé, tiens-toi bien TIENS-TOI BIEN, un pessaire. Tadaaaaaa ! Un big anneau super dur à se coller dans le minou pour soutenir les organes…et alors le must c’est que ça se pose par le biais d’un·e professionnel·le et que là le monsieur il me dit de le mettre et de l’enlever tous les jours, comme des chaussettes quoi, à la cool. (mourre dans d’atroces souffrances !)

pessaire

Vous êtes bien tous une joyeuse bande de petits rigolos hein !

J’ai décidé d’aller consulter chez une gynécologue (à Elbeuf (76)), je ne me souviens plus de son nom), me disant qu’une femme aurai peut-être un peu plus d’empathie ou qu’elle pourrai comprendre et m’orienter. Peine perdue. La charmante dame me proposa elle aussi des trucs à me coller dans la foufoune et m’expliqua que « bah c’est la vie quoi et que si sexuellement mon mari n’était pas embêté par mon état c’était le principal ». Je n’ai pas payé et je suis sortie sans un mot en 4ème vitesse pour exploser en sanglot dans le couloir.

Vous êtes bien tous une joyeuse bande de petits rigolos hein !

Du coup, j’ai trouvé un chouette kiné, le docteur Maheut, qui m’a bien aidé et qui a su me dire les choses clairement. De janvier à mai 2005, j’ai pratiqué des séances de rééducation manuelle avec lui. Je n’ai pas réussi à aller bien loin en terme de progrès, c’était bien foireux mais on a pu faire un point sur mon état. Je n’avais plus aucune sensation interne, pour lui les nerfs avaient été sectionnés à l’accouchement d’où la perte totale de sensation. Le test a été d’appuyer assez fort en interne avec l’ongle (main gantée of course hein), je ne sentais absolument rien.

Encore une bonne nouvelle…

Après ce fût le Pr Haab urologue à Tenon à Paris en 2007, puis la même année le Pr Amarenco à Rothschild, je n’avançais pas, je ne savais pas vraiment quoi mettre en place.  Mon adorable ostéopathe P. Cosme (Evreux) m’a été d’une grande aide en soulageant mon dos et les effets de mon prolapsus.

Et un jour, fin 2007, en déplacement, mon chéri tombe sur une émission du professeur Suisse Sylvain Meyer, il l’a regardé en pleurant. En rentrant, je l’ai regardé aussi, en pleurant. J’ai acheté son livre et j’ai pris contact avec lui pour qu’il me conseille un médecin en France. Il m’a répondu avec gentillesse et m’a recommandé de consulter le Pr Villet aux Diaconesses à Paris. Rendez-vous pris en 2008. On m’a tout de suite parler de chirurgie réparatrice afin de ne pas continuer plus longtemps à rester dans cet état physique.

Avant cette opération, j’ai donc passé un colposystogramme (à Paris, il n’y en avait pas ailleurs), une écho pelvienne et un bilan urodynamique à Rouen au CHU…que des trucs hyper drôles. Une seule personne s’est permise de me donner un conseil, c’est la doctoresse Brigitte Bolner qui m’a fait passer le colpo. Elle m’a demandé si je comptais faire un second enfant, je lui ai dit que je ne savais pas. Elle m’a répondu : »je vous conseille avant tout de penser à vous et à vous reconstruire. » Elle est la SEULE à m’avoir parler ainsi, pour ça, je la remercie.

Bilan : Patiente présentant un prolapsus multicompartimentaire modéré multi-élémentaire C2-H2-R2 selon Baden-Walker, stade 2 antérieur, stade 2 médian, stade 2 postérieur, GH 5, PB 3, TVL 13 selon POP-Q. Incontinence urinaire d’effort stade 2, Sandvick 2 faible.

Bilan Uro : Débitmétrie max 32, pression de clôture 53.5 B3 = 435.

Colpo : En retenue, absence de conservation des releveurs. En poussée, cystocèle avec fond vésical à 27 mm sous la ligne pubococcygienne inférieure. Cervicocystoptose avec méat vésical à 15mm sous cette ligne. Ebauche de rectocèle.

J’imagine que tu as tout compris hein ! Pareil ! Je te la fais courte, bilan à ma façon : je me fais pipi dessus au moindre rire, saut, pas de course, toux, éternuement ou simplement si j’ai trop attendu pour aller aux toilettes. J’ai l’utérus qui ressort par le vagin et qui dit « hello ». J’ai l’impression d’avoir un filet d’oranges à jus dans le bas-ventre en permanence, je suis fatiguée tout le temps, je n’ai plus de vie sexuelle et je suis en dépression depuis 7 ans, voili, voilà.

C’est le docteur Gadonneix qui m’a opérée en octobre 2011 après 7 ans de souffrances.

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Voilà, j’ai un hamac qui soutient mes organes qui profitent bien en buvant une caïpirinha ! (et je revis…un peu)

Le jour des points

Bon c’est bien tout ça ! Mais MOI je peux m’asseoir correctement à quel moment de ma life hein ? Des jours et des jours de souffrance à ne m’asseoir que sur un bout de fesse, un bout de chaise, un bout de moi à cause de cette putain d’éposiotomie. le reste du temps à retenir la petite larme qui pointe au coin de l’oeil, « chui pas une chochotte moi ! » (ben tiens ! C’est malin aussi ça)

7 jours après avoir accoucher, cela m’était tout simplement IMPOSSIBLE. Lors d’un repas dehors, Sissi constatant que j’avais la tête d’un lapin qui venait de se faire rouler dessus par un semi remorque demande à m’ausculter. C’est rouge, c’est gonflé, ce n’est pas normal…

Elle appelle un collègue gynécologie obstétricien à l’hôpital où j’avais accouché, le docteur Berrada. Il nous prend de suite. Je monte (difficilement) dans la voiture de Sissi, direction l’hosto.

Je m’installe avec difficulté sur la table d’examen, le médecin m’ausculte, j’ai mal, super mal. Et puis là le truc un peu bizarre (qui est monté à mon cerveau bien bien longtemps après ce rendez-vous), le médecin et Sissi sont sortis tous les deux quelques minutes et sont revenus. Voilà, voilà, apparemment il y avait un truc dont il ne fallait pas que j’entende parler. Mais la douleur est tellement forte que ça, tu vois, et bien tu t’en rappelle des mois voir des années après…toi, sur ta table toute moche tu veux une seule chose, que la douleur cesse immédiatement !

Ils reviennent avec des petites mines sérieuses. Le médecin me dit que des points sont mal placés et qu’il faut les retirer. Sissi me donne sa main (ah bon ? ça va faire si mal que ça ?), le médecin s’exécute. J’ai ressentie la douleur la plus abominable de toute ma vie. J’ai hurlé et pleuré de douleur en écrasant la main de Sissi.

Un soulagement intense s’est fait ressentir immédiatement. Le médecin m’a dit de me lever et de marcher. La démarche « Geisha » avait disparue, je pouvais faire des pas normaux et des grands pas sans avoir mal. JE POUVAIS FAIRE DES PAS !!!

Je te rappelle que des points avaient déjà été retirés juste après mon accouchement, ça fait un paquet de points de merde quand même, non ?

episio

Cette consultation ne sera pas ajoutée à mon dossier médical en 2004, c’est en 2010, après avoir parler de tout cela avec Sissi avec douleur, qu’elle me fera un courrier (merci) pour expliquer cet épisode. La prescription d’ovules de bétadine et de toilette et surtout le retrait de deux points au niveau de la fourchette vulvaire. Voici donc la source de mon calvaire et de ma démarche de Geisha…on appelle ça comment ? Des points du mari ? Vous savez ? La légende urbaine.

La légende urbaine que je te collerai bien dans ta face ! Toi qui a décidé de comment, physiquement je devais être, selon tes critères et pas selon ta profession et ton code. Toi qui a décidé d’un acte sans m’en parler, toi qui a cousu mes chairs sans précautions, sans humanité en ne pensant qu’à ta conception personnelle du sexe de la femme…la conception de négation.

Moi j’appelle ça une MUTILATION.

Code de déontologie

Les jours où j’ai eu mal

Quel bonheur le matin de retrouver ma petite puce et de profiter enfin d’elle. Je n’étais pas en forme vraiment pas, comme l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. Je n’arrivais pas à me lever, je n’arrivais pas à bouger dans mon lit, à me mettre sur le bord, pourtant il le fallait. Tout effort était une épreuve.

Je me suis retrouvée seule dans ma chambre avec Mina, me demandant si j’allais vite être sur pied. Je me posais des questions sur mon état, les anti-douleurs étaient là pour ça…ne rien sentir, le moins possible, ne pas se poser de question.

Alors j’ai voulu voir, voir comment j’étais. Pas de miroir à porter de main mais juste regarder un peu comme ça pour voir. J’avoue que j’avais les jetons et ça ne m’arrive pas souvent. J’ai donc viré le drap, remonté ma chemise de nuit d’hôpital, vu que j’avais encore un bon bidon (ô joie) et j’ai vu…j’ai vu…

Du bleu.

foufounebleue

J’ai vite baissé ma chemise de nuit et j’ai essayé de ne pas penser. Mina était là et j’avais de quoi occuper mon esprit de façon plus agréable. Je savais que ça ne s’était pas passé parfaitement bien mais quand on met au monde son premier enfant je crois que l’on ne sait vraiment pas du tout à quoi s’attendre en terme d’état physique. C’est une première et on ne nous y prépare absolument pas. Et surtout, on ne m’avait toujours rien dit sur mon état précis. FLOU.

Les jours d’hospitalisation n’ont pas été reposant du tout. J’étais à bout de force, je souffrais. La nuit de ma première montée de lait a été un calvaire sans nom. Des seins qui triple de volume et que l’on ne peut à peine toucher tellement c’est douloureux. Une partie de la nuit à pleurer dans la salle de bain en mettant de l’eau dessus (pour de vrai, j’ai pensé à Pamela Anderson). Mina pleurait souvent, ce n’était pas simple. Mr Chéri venait le plus souvent possible mais je me sentais si seule et impuissante.

baywatch

Et puis arrive la puéricultrice de merde qui vient « t’aider » à mettre ton petit au sein. Je me souviens encore de la façon dont elle a « chopé » mon sein sans ménagement, sans douceur pour fourrer le téton dans la bouche de Mina. J’ai retiré sa main avec poigne et je lui ai demandé de sortir immédiatement…immédiatement ! Je crois que j’aurai pu la frapper. J’ai réussi à la nourrir tranquillement, toutes les deux au calme.

Aller prendre une douche était une épreuve, traverser le couloir à pas de geisha emberlificotée dans un kimono trop serré en bas. Le frottement entre les jambes, insupportable. A deux à l’heure, je trainais ma carcasse toute déformée et douloureuse jusqu’au jet d’eau qui me lavait un peu de tout ça mais aussi de tout le sang que je perdais. J’entendais parfois Mina se remettre à pleurer (je reconnaissais sa grosse voix entre 1000), alors je « m’activais » pour retourner dans ma chambre et sur le passage je me faisais engueuler parce que je laisse ma fille pleurer. Faire pipi était tout aussi affreux, ça me brulait et j’avais l’impression que tout allait péter, se rouvrir…

Je voulais rentrer chez moi. Mais Mina avait la jaunisse, je suis donc restée plus longtemps que prévu. 1 semaine de calvaire.

Je ne dormais presque pas ou de façon hachée. 1 heure par ci, 1 heure par là. La nuit Mina hurlait, je passais mon temps à la nourrir, elle dormait à côté de moi, je n’osais pas gigoter, j’avais mal partout à force de ne pas bouger, juillet, il faisait chaud. Je profitais de la moindre mini dose de sommeil que je pouvais m’octroyer. Et puis un soir, je n’en pouvais plus, mais plus du tout. J’ai demandé à ce que Mina soit prise en charge une nuit pour que je puisse reprendre des forces. On me l’a refusé. J’ai insisté, refus. A 1heure du matin j’ai insisté à nouveau, refus.  Je suis repartie en pleurant, j’étais à bout. A 3h du matin, j’ai mis Mina dans son lit à roulettes et je l’ai amenée à la nursery en marchant de mon petit pas de geisha très en colère. On m’a reçu avec des mines froides et bien emmerdées, il n’y avait pas un seul morpion en nursery. J’ai laissé le berceau avec ma petite, c’était vital.

« J’ai besoin de dormir au moins 3 ou 4 heures d’affilé sinon je vais griller une soupape, gardez-la jusqu’à demain matin sinon je pète un scandale ! » (Pas un son)

Et puis est venue le moment de la visite du psy. Le psy…

« Bonjour madame, je suis le psy, vous êtes considéré comme ayant eu un accouchement difficile alors je viens vous voir. Comment ça va ? »

Moi : »Bah euh ça va. » (en vrai tu sais que ça va pas du tout mais des semaines plus tard voir des mois)

Lui : « Votre fille va bien ? C’est votre unique enfant ? Vous avez des frères et sœurs ? »

Moi : « Euh oui, c’est mon seul enfant, euh oui j’ai un frère ainé. Pourquoi ? »

Lui : « Donc vous n’êtes pas l’ainé…(bah non ducon). Mina n’a pas la même place que vous au sein de votre famille. »

Moi : …

Lui : …

Lui : « N’hésitez pas si vous avez besoin. »

Il est parti. Sans déconner, c’était quoi ça ? C’était quoi ? C’est sensé m’aider un pauvre type qui pose des questions à la con et qui se fiche éperdument de mon état. Ah il était investi de sa mission celui-là !

Et puis au bout de 5 jours à ne pas pouvoir m’asseoir et à souffrir comme une dingue, Sissi m’a retiré deux fils de mon épisiotomie. Mal placés, trop serrés ? Fil résorbable qui ne se résorbe pas ? Tout ça en même temps ? Je crois bien que oui…mais encore une fois, c’est des mois voir des années après que tu comprends tout. Sur le coup, tu laisses le truc se faire…je ne savais toujours pas vraiment dans quel état j’étais.

Douleur, douleur intense quand les fils ont été retirés…(et soulagement de courte durée)

Avant de sortir, Mina a passé une échographie de sa petite tête pour voir si tout allait bien suite à l’accouchement musclé. Dernière prise de sang pour voir si elle n’avait plus la jaunisse. Elle a été piquouzée je ne sais combien de fois pour sa prise de sang par une incapable avant qu’une autre infirmière n’intervienne avant qu’elle ne se transforme en passoire !!! Mais merde quoi !

Et puis ENFIN, je suis rentrée chez moi. J’ai été accueillie par ma chatte Leeloo qui a fait, 1 heure après mon arrivée, sa portée de chatons. C’est pas choubidou ça ?

 

 

 

 

Le jour où tu es arrivée

Dimanche 25 juillet 2004, le jour où tu es arrivée. (à 10 jours du terme) Et là ça va être moins drôle, je préfère te prévenir.

Le matin, il fait beau, premières contractions, ça picote un peu ! Je sens que c’est pour aujourd’hui, les contractions sont régulières et se rapprochent. J’en profite pour faire un cake à l’abricot, si ça dure on aura des réserves !

Sissi, Mr Chéri et moi partons donc en fin de matinée, direction l’hôpital d’Evry !

Avec Mr Chéri, nous sommes contents, nous avons hâte !

Nous nous changeons, enfilage de jolie blouses bleues au top. Je suis installée sur le dos sur la table d’accouchement, il y a pas mal de machines autour de moi, on me pose une perfusion, on installe un monitoring pour surveiller les contractions. C’est parti ! Happy je suis d’être avec Mr Chéri et Sissi, souriante et présente !

L’anesthésiste (pas de souvenir, il n’y a pas eu d’interaction entre nous) vient me poser la péridurale. Je suis parée pour mettre au monde mon petit chaton adoré.

L’attente, les contractions, l’attente, on papote, vérification du col, monitoring, ça va je n’ai pas mal, en fait je ne sens rien. L’ambiance est détendue, je suis un peu fébrile, impatiente.

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Et puis arrive le moment où il va falloir s’y mettre sérieusement, le bébé est descendu, le col est au max, on y va…je ne sens toujours rien, on m’indique quand pousser grâce au monitoring. En fait j’ai une dose d’anesthésiant de cheval, j’aurai pu faire des mots croisés pendant que l’on me coupait les jambes en rondelles avec un couteau à pain rouillé. Ce n’est pas pratique pour pousser correctement, j’ai l’impression de ne rien faire en fait, de pousser dans le vide, je n’ai même pas la sensation de pousser.

Et puis tout bascule.

Les visages se crispent, Sissi m’annonce qu’il y a une souffrance fœtale, le monitoring l’indique. Mon bébé a le cordon autour au cou, il faut vite qu’elle sorte. Le médecin arrive. C’est tout ce que j’aurai comme info. Il arrive.

« Bonjour madame. » me dit le « docteur » Khadam.

Tout va vite, je ne pense plus, j’ai le cerveau en vrac, je vois les yeux et l’air préoccupé de Sissi derrière son masque. Je sais que Mr Chéri est là mais je ne vois pas son visage derrière moi. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe derrière le champs, je ne sens RIEN. Je suis un peu perdue.

On me dit de pousser, je pousse, j’essaye, en fait je ne sais pas si je fais ça bien. Alors arrive la puéricultrice S. Bien charpentée, elle m’écrase le ventre en se tenant sur les barres latérales de la table d’accouchement et elle appuie comme une brute, elle pousse, elle y met tout son poids et je pousse, j’obéis. Je ne sais pas ce que « Docteur K » fait derrière, je ne vois rien, je ne sens rien, on ne me dit rien, on ne me demande rien, rien de rien. Rien n’est expliqué à Mr Chéri non plus. Rien , rien et rien ! Je n’accouche pas, je mets bas.

18h38, tu es arrivée, ma petite, ma toute petite, mon petit amour, Mina. Et plus rien n’avait d’importance autour de moi, autour de nous. J’ai pleuré avec ton papa à mes côtés et Sissi était très émue aussi en te posant sur ma poitrine. Tu étais là et tu étais vivante !

Et puis tu es partie dans les bras de ton papa, avec Sissi pour tes premiers examens et ton premier bain. Pendant ce temps, le « Docteur » K était affairé à me recoudre. Mais quoi ? Ça je ne le savais même pas, je ne savais pas du tout ce qu’il faisait derrière le champs maculé de sang puisque l’on ne me disait toujours rien, rien, rien. Donc il était là, je voyais dépasser le bout de son crâne et je ne savais pas ce qu’il me faisait. C’est pas extraordinaire ça ? Je ne sentais rien (heureusement), la péridurale de cheval était encore super active. Quand le « Docteur » K a eu fini son petit bordel, il est parti.

« Félicitations Madame. Au revoir Madame. » Voilà, avec la phrase plus haut, ce sont les 3 seules phrases que le « Docteur Khadam » a daigné me dire. Il n’y en a pas eu d’autres, jamais (enfin oralement).

J’étais claquée, dans le gaz, j’avais hâte que Mr Chéri revienne avec ma petite. Je suis restée en observation durant un bon bout de temps, ils sont revenus et on m’a emmenée dans une chambre seule (ouf !). Il était tard, Mr Chéri ne pouvait pas rester avec moi très longtemps, il devait repartir, je n’en avais pas envie. Sissi qui était de service la nuit a pris en charge Mina, je ne pouvais pas bouger ni m’en occuper, j’étais beaucoup trop faible. Elle était avec Sissi alors j’étais en confiance et j’ai pu m’écrouler, à bout de force. Sous l’effet de forts anti-douleurs, j’ai sombré dans le sommeil sans souffrir.

J’étais alors loin, très loin, très très loin de m’imaginer dans quel état j’étais…

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Les jours où…rien, enfin, pas grand chose.

Alors voilà, c’était donc ça ma prénatale destinée ? Rester couchée durant des jours jusqu’à ce que ma petite belette pointe le bout de son nez. Bon ! Au moins, j’étais chez moi ! On se fait facilement une raison quand on sait qu’il y a un risque.

Et heureusement, j’étais bien entourée. D’abord par Mr Chéri et puis Sissi qui habitait  2 étages au dessus de chez nous. Margit ma sage-femme à domicile venait presque tous les 2 jours. J’avais le droit à mon monitoring en live, papote et cours d’accouchement à la cool. Elle n’a jamais été brutale ni intrusive physiquement, elle m’a toujours demander et expliquer les choses avec douceur et bienveillance. Elle m’a redonné confiance et m’a apaisée.

Et puis les amis des appartements autour venaient me voir dans mon antre, avachie comme une pauvre malheureuse. Heureusement aussi que le temps était agréable, je pouvais aller me reposer et lire dans le parc dans un transat et manger avec la tablée des amis voisins tous les soirs sous le grand séquoia. Purée…ça c’était bien ! Et alors j’en foutais pas la rame !

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Mon cerveau était en veille, j’arrivais à lire mais je ne dessinais plus…forcément, couchée c’est pas très pratique. Cette improductivité était pesante, les journées étaient longues. Je faisais tellement peu d’efforts physiques que la nuit je dormais hyper mal en plus d’aller pisser 4 fois. Tu vois ça te prépare aux nuits pourries postnatales ! La nature est finalement bien faite, naaan je déconne.

Le truc génial, ouai il y en a un et de taille, c’était que je couvais mon petit. Je la sentais bouger, se retourner, gigoter, je lui parlais. Je pense que c’est ce qui m’a fait tenir dans tout ce bordel. Tenir le coup et laisser glisser les choses sur moi, pour elle. Pour que tout aille bien. Et ne faire que m’oublier moi-même, faire abstraction des choses difficiles que je vivais, trouver les ressources nécessaires et envisager l’après le mieux possible. Je suis devenue enveloppe, cocon douillet, je me suis donnée entièrement à ma mission. Je ne m’appartenais plus…je me suis sans doute un peu perdue.

Et puis arrive ce moment, celui où l’on te dit que tu es hors de la « zone de danger » et que tu peux reprendre la position verticale et redevenir humaine. DEBOUT ENFIN ! Et putain ! Laissez-moi tranquille !

debout.

 

Le jour où j’ai passé l’écho pourrie

Après une semaine en mode zombie au fond du lit toujours à l’hôpital d’Evry Courcouronnes, avec des vérifications du col trop fun fun, une tension pas top du tout (en même temps avec cette surdose de stress…), toute molle du mollet (bah oui , quand tu fais rien, tu deviens molle de partout ultra vite, bonheur, joie ultime), des nuits de merde (merci la chambre double), des repas de merde, des journées à ne rien faire qu’attendre que ça passe en regardant des conneries sur la télé de la voisine (ouai deux télévisions en même temps c’est l’assurance d’une perte de neurone puissance 10 000), à lire un peu, le médecin vient me voir pour me faire passer une écho. « Pour vérifier si je vous laisse sortir » (touuuute puiiiiissaaaance) qu’il me dit le bonhomme avec gentillesse (j’déconne).

Et là, tiens-toi bien ! Il part en marche nordique version sous amphétamines dans les couloirs, direction le service imagerie ! Et moi ? Et bien moi, ça fait une semaine que je suis couchée, une semaine sans aucun effort. Alors je me lève de mon lit comme une petite vieille, fracassée du dos, en pyjama, j’enfile mes pompes et j’essaye de le rattraper. Aaaah punaise, j’ai plus de souffle. Je m’arrête au milieu d’un grand couloir pour reprendre mon souffle, j’hallucine d’être dans cet état. L’autre neuneu il continue comme s’il était dopé sur un GR dans le Cotentin. Je l’interpelle, il se retourne, revient vers moi, l’air impatient, le pas rapide, le visage fermé.

imagerie

« Ah euh oui, je marche un peu vite peut-être. » (Que nenni, DUCON.)

Bah ouai mon coco, Dis donc c’est toi qui me dis de rester couchée, de ne pas faire la follette et c’est toi qui me fais courir dans les couloirs après 1 semaine d’électroencéphalogramme plat ! Elle est où la cohérence du discours là ? Il est à peine gêné, je crois même qu’il s’en fout, il est pressé, ça se voit dans son comportement physique, il faut que ça aille vite.

Salle d’écho, on passe à deux en même temps (si, si, tu as bien lu, c’est plus convivial et sans rideau), trop chouette, ambiance au top ! Hop ! Je te colle le truc truc de l’échographe dans la foufoune (j’étais hyper mal à l’aise…). Mon col est encore modifié mais n’a pas bougé d’un pouce (ahaha !), il me dit qu’il me garde quand même encore une semaine à l’hosto. Je me souviendrais toujours de la façon dont il m’a annoncé ça, sans aucune émotion, il ne me regardait pas en me parlant, il était déjà passé à autre chose. J’ai senti les larmes monter d’un coup, il m’a regardé l’air condescendant (oh nooon, elle va se mettre à chialer en plus). J’avais du mal à parler, la gorge serrée, j’ai formulé un petit « mais si je reste couchée pareil qu’ici et que je fais attention, je peux le faire chez moi, non ? ».

Il était exaspéré, il m’a disputé…OUI, il m’a disputé ! Empathie et bienveillance, bonjouuur, ah non pardon, on s’est planté d’étage, ici c’est réprimandes, infantilisation et irrespect. « Aaaah mais il faut savoir ce que vous voulez hein, vous voulez que votre enfant aille bien non ? Alors c’est comme ça ! » Puis je suis retournée toute seule jusqu’à la chambre en pleurant (et essoufflée again). Aujourd’hui, je lui collerai bien la sonde de l’échographe quelque part avec un certain plaisir !

rhaaaaaa

Deux jours plus tard, avec insistance, je rentrais chez moi avec une ordonnance pour qu’une sage-femme vienne me visiter à mon domicile. Je devais rester couchée jusqu’à être hors « zone de danger de MAP ». Je passais de l’état de relativement joyeuse femme enceinte à un état de truc difforme et déprimé. Adieu muscles, adieu cerveau…

J’avoue que j’ai détesté cette vulnérabilité durant ma grossesse (pratique pour gérer les patientes comme on veut sans avoir de rébellion), elle m’a fait perdre mes moyens de trop nombreuses fois, elle m’a souvent mise en position de ne pas pouvoir me défendre, de ne pas pouvoir hurler et ruer dans les brancards. Je n’étais pas préparée à ça (à pas grand chose d’ailleurs), je me suis sentie tellement humiliée, négligée, déshumanisée. Alors que l’on aurai du prendre soin de moi encore plus, on m’a traitée comme une gourde, une irresponsable, un « truc vivant » dans lequel poussait la chose importante à gérer, le bébé (alléluia, petite lumière divine)…le truc vivant qui l’entoure, on s’en fout pas mal.

La sage-femme qui venait à domicile était Tchèque, elle était adorable, gentille et douce, elle s’appelait Margit.

margit

 

Le jour où ça a commencé à être vachement moins drôle

Je me réveille d’une nuit entrecoupées de visites nocturnes, de suées (il fait toujours une chaleur à l’hosto et merci la housse plastique du matelas, saunaaa touch !), de ronflements de ma voisine, de pleurs de son bébé, de lumières qui s’allument…hello l’ami ricoré ! (je passe sur le petit déjeuner hein, tout le monde a vécu cette émouvante expérience gustative, cette envolée culinaire, ce festival des papilles)

J’ai toujours ma super blouse funky fesses à l’air et ma perfusion (installée sans explication of course, des fois que j’aurai des neurones). J’imagine que comme les contractions ont disparues, je vais rentrer tranquillou chez moi (Mr Chériiiii vient me chercher !!! Save me !). Mais non madame ! Les choses ne sont pas aussi simples.

Une infirmière vient me voir pour vérifier ma perfusion, je lui demande ce que c’est. Pas de réponse. Autant te dire que j’aime pas trop ça quand on ne me répond pas. En même temps je savais ou du moins je supposais que c’était de la cortisone pour booster la maturation des poumons de ma petite poulette puisque j’étais en MAP, menace d’accouchement prématuré.

hosto

« C’est de la cortisone ? » Elle me regarde, surprise. « Euh oui, comment vous le savez ? »

« Je me renseigne madame, je suis enceinte alors je lis, pour savoir un peu comment ça se passe, comment ça peut se passer, par où ça sort. Vous m’avez fait le test pour l’ocytocine ? »

« Euh oui… »

« Et ? » (ma tension, ma tensiiiion beurdel, respiiiiire, pfff, pfff…)

L’infirmière s’en va, reviens et me dit que je suis négative au test de l’ocytocine. (youpi tralala, soulignons que si je ne demande pas, on ne me dit RIEN)

« Ok donc plus de contractions, négative à l’ocytocine, un col qui ne bouge pas, je ne suis donc pas en train d’accoucher, je vais me tenir tranquille. Vous pouvez donc me retirer la perfusion et je rentre chez moi aujourd’hui ? »

« Ah non non, je ne peux pas. »

« Pourquoi ? » (AH !)

« Ah mais parce que c’est le médecin qui a dit de vous laisser sous perfusion. »

« Et il est là le médecin ? Vous ne pouvez pas lui demander pour me la retirer ? Ce n’est pas la peine de me bourrer de cortisone si je n’en ai pas besoin ou alors qu’il vienne m’expliquer le concept. »

Elle repart, revient pour me dire que non, il faut que je la garde encore 1 ou 2 jours.

« Vous ne me dites pas pourquoi, je ne suis pas d’accord, je vous laisse le temps d’aller chercher ce qu’il faut pour me l’enlever sinon je le fais moi-même. »

Elle revient 1 minute plus tard avec son matos et me retire la perfusion dans un silence absolu. (d’où mon profond questionnement sur son utilité !)

Le coup de grâce.

Le médecin inexpressif vient m’annoncer sur un ton sec, voir même flippant qu’il veut me garder au moins une semaine à l’hôpital en observation parce qu’il craint un risque d’accouchement prématuré. Je suis abasourdie. Je lui demande si je ne peux pas quand même rentrer chez moi et rester calme. Il me fait la leçon, j’ai l’impression d’avoir à nouveau 6 ans et d’avoir fait des tonnes de conneries. Je capitule, je suis seule sans Mr Chéri à mes côtés. J’ai les nerfs à vif, je pleure dans la salle de bain, cachée.

1 semaine à l’hosto…couchée. Le rêve…

Le topo des 6 premiers mois

La grossesse, c’est un truc que tu ne peux pas anticiper. Tout est tellement différent d’une femme à l’autre. Parfois ce sont 9 mois qui défilent tranquilou bilou, parfois des mois de calvaire intégral à dégobiller dès que tu vois de la bouffe ou la tête de ton voisin .

Je vais te faire un topo de mes 6 premiers mois, oui alors après ça se gâte donc je vais d’abord faire le point sur les mois pas trop pourris.

Alors le premier mois est passé sans que je m’aperçoive de grand chose finalement à part un peu plus de roploplo. Next.

Le second et le troisième mois ont été un peu plus sportif. On ne voyait absolument pas à ce moment là de la grossesse que j’étais enceinte. Par contre, physiquement, mon corps m’a bien fait comprendre qu’il se passait un truc ! Il y avait tout d’abord cet état de fatigue permanent, l’envie de roupiller partout où je me posais. Un état léthargique assez pénible puisque du coup ma concentration était proche de celle d’un mollusque mort. Motivation ZÉRO ! Productivité ZÉRO ! Et puis les lombaires, raaaah les lombaires ! Des douleurs de folie dans les lombaires, un mal de chien à me sortir d’un fauteuil sans aide (oui tu as bien lu !).

A cela s’ajoutent, les jambes qui gonflent, les vaisseaux qui pètent, la constipation, les nausées au réveil, pas des trucs trop violents mais un état nauséeux…toujours un peu à la limite, borderline de la gerbouille. Le truc qui te donne bonne mine et te met de bonne bonne bonne bonne humeur ce matin. Quand j’ouvrais le frigo, la vue du gros morceau de Cantal ramené de chez les potes (pour ceux qui suivent) me provoquait des envies de vomir comme si j’avais bu 2 litres de vodka.

« Et avec ça madame, je vous mets quoi ? » Bah ajoutez-moi des émotions démultipliées, la larme à l’œil pour un rien, la colère qui monte vite, une susceptibilité à fleur de peau, un état un peu dépressif, merciiiii! Oh hé…n’emballez pas, c’est pas la peine, c’est pour consommer tout de suite.

aieu

Bon ben tu vois, tout ça, tu le vis au jour le jour. C’est intégré, supporté au mieux…ça fait partie du truc, tu te plains pas et aux rendez-vous hosto, tu dis que tout va bien, toujours, parce qu’il y a des choses bien plus graves et c’est vrai dans le fond. Parce que j’ai oublié de te donner un détail, je ne suis pas chochotte du tout…et ça, ça aide pas toujours, loin de là.

Et puis au 4ème et 5ème mois, ça s’est calmé, j’ai retrouvé une certaine pêche ! Je savais ce que je pouvais ou non manger, j’étais moins claquée. Mon dos était toujours douloureux mais je m’habituais à prendre des positions qui me convenaient. Mon ventre s’arrondissait, ça c’était cool et les petites sensations du bébé qui commence à gigoter alors ça c’était foufou !

Du coup, au 6ème mois, pour fêter ça, j’ai voulu exposer à une foire à tout pour faire un peu de vide chez nous avant l’arrivée du petit colis ! J’étais à donf ! Au top de la forme ! Énergie puissance 10 000 ! Mr Chéri a du me dire de me calmer mais j’avais l’impression d’être invincible, j’avais comme une envie de rattraper les semaines où je me suis trainé comme un zombie ! Bilan, quelques petites contractions qui ont pointé le bout de leur nez en fin de journée…gloups.

Alors du coup le barbecue du dimanche soir avec les potes et bien WALOU ! Sissi m’a conseillé d’aller à l’hosto faire une vérification. Hop ! Mr Chéri m’y a emmenée. Quelques contractions, un col légèrement modifié et on décidait de me garder à l’hosto en observation car en risque d’accouchement prématuré. Inutile de te préciser que personne n’a été particulièrement rassurant, on te file froidement le minimum d’infos (comme si tu n’étais pas capable de comprendre), tu les prends dans la trombine (comme si tu étais en pleine possession de tes émotions), tu les digère au mieux et hop au lit ! Hé ho ! Et mon barbecue ! (en vrai, je faisais pas la maligne)

Il était déjà tard, j’ai donc été emmenée dans une chambre double où dormait une ronfleuse de première catégorie, sans manger, sans boire, avec une perfusion et une super blouse d’hosto (et ouai, je pensais pas rester tu vois, j’avais pas prévu la garde-robe adéquate). Tu sais ? La blouse qui laisse apparaitre ton cul quand tu te lèves si tu as pas assez serrer les liens, celle que tu essayes de vriller sur le côté pour éviter que tout le monde voit ton popotin dans le couloir, celle qui, quand elle est à pression, s’ouvre toute seule quand tu t’assoies. La blouse modèle « humiliation » !

Même à fleurs, ça change rien du tout, ça fait humiliation sponsorisée par Liberty, c’est tout.

blouse

Du coup ma tension artérielle a fait boum ! (dans mon cerveau aussi, ça a fait boum)