Les jours où…rien, enfin, pas grand chose.

Alors voilà, c’était donc ça ma prénatale destinée ? Rester couchée durant des jours jusqu’à ce que ma petite belette pointe le bout de son nez. Bon ! Au moins, j’étais chez moi ! On se fait facilement une raison quand on sait qu’il y a un risque.

Et heureusement, j’étais bien entourée. D’abord par Mr Chéri et puis Sissi qui habitait  2 étages au dessus de chez nous. Margit ma sage-femme à domicile venait presque tous les 2 jours. J’avais le droit à mon monitoring en live, papote et cours d’accouchement à la cool. Elle n’a jamais été brutale ni intrusive physiquement, elle m’a toujours demander et expliquer les choses avec douceur et bienveillance. Elle m’a redonné confiance et m’a apaisée.

Et puis les amis des appartements autour venaient me voir dans mon antre, avachie comme une pauvre malheureuse. Heureusement aussi que le temps était agréable, je pouvais aller me reposer et lire dans le parc dans un transat et manger avec la tablée des amis voisins tous les soirs sous le grand séquoia. Purée…ça c’était bien ! Et alors j’en foutais pas la rame !

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Mon cerveau était en veille, j’arrivais à lire mais je ne dessinais plus…forcément, couchée c’est pas très pratique. Cette improductivité était pesante, les journées étaient longues. Je faisais tellement peu d’efforts physiques que la nuit je dormais hyper mal en plus d’aller pisser 4 fois. Tu vois ça te prépare aux nuits pourries postnatales ! La nature est finalement bien faite, naaan je déconne.

Le truc génial, ouai il y en a un et de taille, c’était que je couvais mon petit. Je la sentais bouger, se retourner, gigoter, je lui parlais. Je pense que c’est ce qui m’a fait tenir dans tout ce bordel. Tenir le coup et laisser glisser les choses sur moi, pour elle. Pour que tout aille bien. Et ne faire que m’oublier moi-même, faire abstraction des choses difficiles que je vivais, trouver les ressources nécessaires et envisager l’après le mieux possible. Je suis devenue enveloppe, cocon douillet, je me suis donnée entièrement à ma mission. Je ne m’appartenais plus…je me suis sans doute un peu perdue.

Et puis arrive ce moment, celui où l’on te dit que tu es hors de la « zone de danger » et que tu peux reprendre la position verticale et redevenir humaine. DEBOUT ENFIN ! Et putain ! Laissez-moi tranquille !

debout.

 

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7 commentaires sur « Les jours où…rien, enfin, pas grand chose. »

  1. Bonjour, je trouve votre témoignage très intéressant et je suis d’accord avec vous sur le manque d’humanité des grandes structures hospitalières (je bosse dans une moyenne structure). Par contre, ce que les gens ne réalisent pas (parce que ça n’intéresse personne), mais qu’il faut savoir, c’est que la majorité des médecins, et surtout les obstétriciens (c’est le pire des métiers dans la médecine : 80 à 100 heures par semaine, pas le temps d’avoir une vie perso, de faire les courses, de faire sa lessive, tout juste le temps de se doucher et de dormir… et parfois de manger), ont une vie de merde. Ils font les études pour soigner les gens, mais au final sont tellement en mode « no life », ils sont tellement fatigués qu’ils en deviennent froids, secs, distants, pressés, … Vous l’avez constaté. Le personnel, c’est ce qui coûte le plus cher à l’hosto. Et comme les caisses sont à sec… Personnellement, je ne vais jamais voir un gynéco (et je suis dans le milieu, vous l’avez compris). Je n’ai aucune pathologie, je ne vais que chez des sages femmes libérales. Chez elle, pas d’étrier, pas de brancard froid. Pour l’obstétrique, le passage gynéco est obligé, mais là on y va en connaissance de cause et faut pas penser qu’on va avoir un examen agréable. Enfin pour info, tout patient a le droit de refuser des soins et vous n’aviez pas à subir une écho intra-vaginale à 2 dans la même pièce…… vous passez pour la chieuse de service bien sûr si vous refusez, mais menacez de partir en signant un papier et d’aller vous faire hospitaliser ailleurs et vous verrez : vous obtiendrez gain de cause… Je termine en signalant que quand les médecins accouchent dans leur hôpital, ils ont un traitement de faveur… ils ne subissent jamais tout ça et n’en sont donc pas conscients.

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    1. Bonjour et merci pour ce mot.
      Je suis tout à fait consciente des conditions de travail du personnel soignant, elles n’étaient sans doute déjà pas au top il y a 14 ans, c’est certain. Elles ne s’arrangent sans doute pas beaucoup non plus. Ce n’est pas pour moi un argument très convaincant, mais c’est bien entendu très personnel.
      Personne ne vous indique à aucun moment que l’on doit vous informer des actions qui sont pratiquées et que l’on doit vous demander votre consentement. Jamais. Cela compliquerai encore bien la tâche aux médecins.
      C’est intéressant de penser que les femmes doivent s’affirmer alors que le médecin est normalement investi d’une mission de soin, de protection. En fait j’aimerai ne pas avoir à passer pour la chieuse de service ou à devoir m’affirmer surtout quand on est dans un état de faiblesse physique et psychologique ou encore à avoir à changer d’établissement (encore pire lorsque l’on est primipare). Ce n’est pas normal. considérer la femme comme chose négligeable parce que l’on est fatigué ou que l’on a une vie de merde n’est pas normal ni tolérable. Les conséquences peuvent être abominables.
      Le système n’est pas tolérable pour les médecins ? Et bien qu’ils le manifestent à grands cris, à grands coups médiatiques et que ça ne soit pas aux patientes à subir tout ceci. Une vie de merde ça se change, une vie détruite ou un corps meurtri c’est plus compliqué. Et puis apprendre à reconnaitre les erreurs, les négligences ou les manquements serait aussi une belle avancée. Tout ne peut pas se passer toujours bien mais cacher les choses en faire des tabous n’est pas une solution. Jamais. 😉

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  2. Ne pensez pas que je défends les médecins, car je connais les 2 sons de cloche : le leur et le vôtre. Donc je sais où le système hospitalier pèche… et il est très difficile de se remettre en cause pour un médecin car on lui en demande déjà beaucoup tous les jours… C’est pour cela que les femmes doivent vraiment apprendre à s’affirmer, et c’est difficile quand on est enceinte et qu’on « ne sait pas » (position de supériorité médicale). Bref, votre témoignage est important ! Merci

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      1. Je réponds rapidement sur plusieurs choses que je n’ai pas dites clairement : le système actuel c’est de la médecine de masse, seul modèle rentable économiquement. Changer le système personnellement je n’y crois pas, le monde entier est parti vers la globalisation et (donc) la destruction, il est très difficile de reculer pour un pays tout seul, pris dans une UE qui est une union économique avant tout. La médecine de masse ne prend pas en charge les patients humainement, que ce soit les femmes enceintes ou les autres. Vous verrez dans 30 ans si vous êtes hospitalisée pour une hanche ou des varices… vous serez aussi faible et sans défense qu’une femme enceinte et ça sera le même couplet !! Ce qui permet de s’améliorer depuis 14 ans, c’est que la qualité s’est développée dans les hôpitaux. Quand il y a des pb de prise en charge ET que les patientes s’en plaignent : on débriefe tout ça en réunion et on met en place des actions correctives. Y’a un peu de personnel en plus pour gérer tout ça (j’en fais partie) et c’est tout. Si le problème est grave, on le debriefe même sans plainte du patient. Je vais quand même vous dire que les gens sont paradoxaux, car dans mon département une maternité a récemment fermé du fait d’un problème de prise en charge. Et bien les gens manifestent pour que cette maternité meurtrière reste ouverte !!! Quand je leur explique qu’il fallait qu’elle ferme (et même il aurait fallu la fermer avant !), je me fais rembarrer… Pour terminer, sur le fait que les médecins ne se mobilisent pas sur leurs propres problèmes, et bien quand on a fait 80 heures, on n’a ni l’envie ni l’énergie pour s’investir dans une cause syndicale……. moi-même j’ai fait un internat de pharmacie, et bien je ne me suis pas engagée, je me suis contentée de me plaindre (et de m’affirmer au quotidien), car ça n’est pas possible de lutter constamment sur son temps libre inexistant… c’est mon opinion mais beaucoup de médecins homme sont sans doute très bien à bosser comme des fous et se foutent royal de rentrer chez eux !

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  3. Je n’ai pas besoin de voir dans 30 ans malheureusement…mon père a failli perdre un œil à cause d’un staphylo (pas de douche avant l’opération à l’hosto), ma mère a eu une pose de prothèse genou foirée, une RE pose de prothèse il y a peu, bilan 3 ans de béquilles (je pourrai citer des tonnes d’autres cas autour de moi).
    C’est bien le débriefe en réunion, ça serai encore mieux d’y convier des patients, la boucle serai bouclée et on se sentirai moins « mis à l’écart » voir occultés.
    Je comprends le manque de temps mais il ne justifie ni la négligence, ni la violence voir la méchanceté dans certains cas. (et cela dans n’importe quel service que se soit) J’ai eu des soucis avec des médecins qui bossent en cabinets et qui ne font pas les mêmes horaires…ce n’est donc pas seulement un problème de no life et de surmenage.
    Quand je regarde le compte FB de mon super obstétricien de l’époque toujours en activité et au même endroit, je n’ai pas l’impression qu’il n’est pas trop de temps pour vivre et faire de la plongée, du golf et j’en passe. Tout le monde n’a pas les mêmes horaires ou les mêmes priorités…ou effectivement la même envie de s’investir dans leur vie perso.
    Et puis pour s’engager il faut une entraide, une cohésion et ça je le vois sans doute plus chez les infirmier(e)s, aides soignants ou les sage-femmes par exemple.

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