Le jour où j’ai passé l’écho pourrie

Après une semaine en mode zombie au fond du lit toujours à l’hôpital d’Evry Courcouronnes, avec des vérifications du col trop fun fun, une tension pas top du tout (en même temps avec cette surdose de stress…), toute molle du mollet (bah oui , quand tu fais rien, tu deviens molle de partout ultra vite, bonheur, joie ultime), des nuits de merde (merci la chambre double), des repas de merde, des journées à ne rien faire qu’attendre que ça passe en regardant des conneries sur la télé de la voisine (ouai deux télévisions en même temps c’est l’assurance d’une perte de neurone puissance 10 000), à lire un peu, le médecin vient me voir pour me faire passer une écho. « Pour vérifier si je vous laisse sortir » (touuuute puiiiiissaaaance) qu’il me dit le bonhomme avec gentillesse (j’déconne).

Et là, tiens-toi bien ! Il part en marche nordique version sous amphétamines dans les couloirs, direction le service imagerie ! Et moi ? Et bien moi, ça fait une semaine que je suis couchée, une semaine sans aucun effort. Alors je me lève de mon lit comme une petite vieille, fracassée du dos, en pyjama, j’enfile mes pompes et j’essaye de le rattraper. Aaaah punaise, j’ai plus de souffle. Je m’arrête au milieu d’un grand couloir pour reprendre mon souffle, j’hallucine d’être dans cet état. L’autre neuneu il continue comme s’il était dopé sur un GR dans le Cotentin. Je l’interpelle, il se retourne, revient vers moi, l’air impatient, le pas rapide, le visage fermé.

imagerie

« Ah euh oui, je marche un peu vite peut-être. » (Que nenni, DUCON.)

Bah ouai mon coco, Dis donc c’est toi qui me dis de rester couchée, de ne pas faire la follette et c’est toi qui me fais courir dans les couloirs après 1 semaine d’électroencéphalogramme plat ! Elle est où la cohérence du discours là ? Il est à peine gêné, je crois même qu’il s’en fout, il est pressé, ça se voit dans son comportement physique, il faut que ça aille vite.

Salle d’écho, on passe à deux en même temps (si, si, tu as bien lu, c’est plus convivial et sans rideau), trop chouette, ambiance au top ! Hop ! Je te colle le truc truc de l’échographe dans la foufoune (j’étais hyper mal à l’aise…). Mon col est encore modifié mais n’a pas bougé d’un pouce (ahaha !), il me dit qu’il me garde quand même encore une semaine à l’hosto. Je me souviendrais toujours de la façon dont il m’a annoncé ça, sans aucune émotion, il ne me regardait pas en me parlant, il était déjà passé à autre chose. J’ai senti les larmes monter d’un coup, il m’a regardé l’air condescendant (oh nooon, elle va se mettre à chialer en plus). J’avais du mal à parler, la gorge serrée, j’ai formulé un petit « mais si je reste couchée pareil qu’ici et que je fais attention, je peux le faire chez moi, non ? ».

Il était exaspéré, il m’a disputé…OUI, il m’a disputé ! Empathie et bienveillance, bonjouuur, ah non pardon, on s’est planté d’étage, ici c’est réprimandes, infantilisation et irrespect. « Aaaah mais il faut savoir ce que vous voulez hein, vous voulez que votre enfant aille bien non ? Alors c’est comme ça ! » Puis je suis retournée toute seule jusqu’à la chambre en pleurant (et essoufflée again). Aujourd’hui, je lui collerai bien la sonde de l’échographe quelque part avec un certain plaisir !

rhaaaaaa

Deux jours plus tard, avec insistance, je rentrais chez moi avec une ordonnance pour qu’une sage-femme vienne me visiter à mon domicile. Je devais rester couchée jusqu’à être hors « zone de danger de MAP ». Je passais de l’état de relativement joyeuse femme enceinte à un état de truc difforme et déprimé. Adieu muscles, adieu cerveau…

J’avoue que j’ai détesté cette vulnérabilité durant ma grossesse (pratique pour gérer les patientes comme on veut sans avoir de rébellion), elle m’a fait perdre mes moyens de trop nombreuses fois, elle m’a souvent mise en position de ne pas pouvoir me défendre, de ne pas pouvoir hurler et ruer dans les brancards. Je n’étais pas préparée à ça (à pas grand chose d’ailleurs), je me suis sentie tellement humiliée, négligée, déshumanisée. Alors que l’on aurai du prendre soin de moi encore plus, on m’a traitée comme une gourde, une irresponsable, un « truc vivant » dans lequel poussait la chose importante à gérer, le bébé (alléluia, petite lumière divine)…le truc vivant qui l’entoure, on s’en fout pas mal.

La sage-femme qui venait à domicile était Tchèque, elle était adorable, gentille et douce, elle s’appelait Margit.

margit

 

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5 commentaires sur « Le jour où j’ai passé l’écho pourrie »

  1. Récit dans lequel je retrouve ça et là des situations (mal) vécues. Il faut du courage quand même pour aller tripatouiller dans ce genre de souvenirs et y glisser la bonne dose d’humour pour pas glisser dans le pathos. J’ai bien peur que la suite soit pire encore 😦
    Bref c’est cathartique comme lecture alors MERCI Aby !

    J'aime

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